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Trois siècles d'activité textile à Héricourt
La région d'Héricourt et son passé préhistorique

Les débuts

L’industrie textile héricourtoise, sous sa forme moderne, remonte au début du XVIIIe siècle. Elle avait été précédée par une industrie artisanale, fort ancienne, qui reposait sur les ressources  propres de la région. Le rouet fonctionnait dans chaque foyer, des tisserands travaillaient à façon pour la population.

L’annexion par la France en 1700, en ouvrant des débouchés aux Héricourtois, va permettre l’essor de cette industrie. Vers la fin des années 1730, une nouvelle organisation du travail se met en place, dirigée par des marchands-fabricants. Sous l’impulsion de l’un d’eux, se met en place une manufacture « dispersée, où l’essentiel du travail se fait à domicile dans les villages, la ville se réservant les opérations de finition. Vers 1750, la production des tisserands avoisine les 6 000 pièces d’étoffe.

A la veille de la Révolution, les marchands-fabricants procurent de l’ouvrage à près de 200 tisserands (dont la moitié sont établis en ville) et à 800 fileuses des villages. Héricourt, dont la population avoisine les 1 500 âmes, est devenu le centre textile le plus important de la Franche-Comté.

 Règles et statuts de la corporation des tisserands (première page du document) - Archives Municipales d'Héricourt 

L’avènement de la grande industrie

Au début du XIXe siècle, les fabricants délaissent les serges et autres étoffes d’Ancien Régime au profit des cotonnades. Tandis qu’à la campagne, les formes du travail traditionnel se maintiennent, à la ville, la machine se substitue peu à peu au travail manuel et les ouvriers se rassemblent en ateliers. La première filature mécanique, actionnée par une roue hydraulique, voit le jour en 1818. Une décennie plus tard, les ateliers de tissage de la ville se mécanisent à leur tour en même temps qu’apparaît la machine à vapeur. Les fabricants montent des tissages à bras à la campagne pour absorber les produits de leurs filatures.

Au milieu du siècle, les industriels occupent près de 1 000 ouvriers dans les ateliers de la ville et quasiment autant dans les tissages villageois. Mais ceux-ci, devenus moins rentables, commencent à être délaissés.

Le métier à filer mule-jenny  qui a contribué au développement spectaculaire de la filature mécanique.

 

  • A. Ruban
  • B. Bobine sur la quelle s'enroule le ruban étiré 
  • C. Cylindre étireur du ruban
  • N. Ensemble du mécanisme pour filer et retordre le ruban.

 

Après les malheurs consécutifs à la « famine du coton » (1861-65) et à la guerre (1870-71), puis une période de réadaptation nécessaire, Héricourt entre dans une nouvelle phase de croissance économique. Les ateliers se modernisent, d’autres se construisent, attirant une nombreuse main d’œuvre logée en partie dans des cités. En 1900, 2 300 métiers et de 58 000 broches à filer battent et tournent alors que les effectifs dépassent les 2 000 ouvriers.

L’effort de modernisation des ateliers se poursuit pendant la « Belle époque ». Ceux de la ville s’agrandissent, d’autres se montent dans la région. Les premiers métiers automatiques apparaissent en 1912.

Pendant le premier conflit mondial, après une période de complète désorganisation et malgré une pénurie constante de main d’œuvre, les industriels adaptent leur production aux énormes besoins du pays.

L’âge d’or

La guerre terminée, la marche en avant reprend. L’électricité remplace peu à peu la machine à vapeur. Les effectifs sont au plus haut, avec 2 400 ouvriers, quand survient la crise économique de 1931. Pour y faire face, les patrons mettent en place le chômage partiel tout en rationalisant le travail. En 1939, les ateliers disposent de 65 000 broches et 3 000 métiers qui produisent des tissus classiques et des spécialités telles les Vichy, les mouchoirs, les flanelles….

La défaite de 1940 consommée, il faut remettre les usines au travail. Dès juillet, les fabrications reprennent mais avec une activité réduite, étroitement dépendante des approvisionnements en filés et en charbon.

A la Libération, l’effort porte sur le renouvellement du matériel, vétuste et détérioré. En quelques années, le niveau de production et les effectifs d’avant guerre sont retrouvés.

Les bâtiments de la Grand-Pré après leur conversion en logements ouvriers. (Carte postale du début du XXème siècle)

Un inéluctable déclin

Vers le milieu des années 1950 commence un lent déclin de l’industrie textile, conséquence de la multiplication des usines dans les pays à bas salaires. Pour résister à une concurrence de plus en plus vive, les patrons mettent en œuvre une politique d’augmentation de productivité et de réduction des effectifs. Après la cessation d’activité de l’entreprise Méquillet-Noblot en 1965, il ne reste plus que 1 400 emplois du textile dans la ville.

La crise mondiale qui s’ouvre en 1973 entraîne un nouveau ralentissement de l’activité. La restructuration des entreprises et la modernisation des ateliers entraînent la fermeture progressive de ceux-ci.  Malgré la volonté des organisations syndicales et de la municipalité à maintenir les emplois, la stratégie patronale aboutit, à la fin du siècle, à la disparition de l’activité textile dans la ville. Une page importante de l’histoire d’Héricourt venait de se tourner.

 

Les principales entreprises

La maison Méquillet-Noblot

L’affaire remonte à l’année 1801 quand des membres de la famille Méquillet s’associent pour démarrer la fabrication de siamoises en faisant filer et tisser à la campagne. C’est en 1811, avec l’arrivée d’un gendre des fondateurs, que la société prend l’appellation « Méquillet-Noblot ». La première filature est montée en 1818  à Chevret, près d’Héricourt. Au début des années 1820, alors que des tissages à bras voient le jour dans les villages, un atelier d’impression sur étoffes est créé à Héricourt. En 1826, Chevret se complète d’un tissage qui bientôt s’équipe de métiers automatiques. Les premières machines à vapeur sont installées en à Chevret en 1833 et à Héricourt en 1838.

Dans le dernier quart du siècle, tandis que les tissages à bras des villages ont été progressivement abandonnés, la société abandonne l’impression pour renforcer la filature et le tissage. Deux nouvelles filatures sont montées à Héricourt, celle de Chevret étant remplacée par une extension du tissage. En 1900, les usines disposent de 500 métiers et de 22 000 broches. Après la Grande Guerre, la firme remplace le vieux matériel et les affaires restent prospères jusqu’en 1930. En raison de la crise, les ateliers marchent au ralenti et les effectifs passent de 350 à 240 entre 1931 et 1939.

Pendant le second conflit mondial, l’activité est fortement ralentie, avec quelques périodes de chômage total. A la Libération, la reprise de l’activité est difficile, mais un important effort de modernisation est ensuite entrepris. Si la société résiste quelque temps à la crise textile des années 1950, à partir de 1960, elle n’a plus les moyens de financer ses investissements. En 1964, un regroupement s’opère avec trois autres entreprises de l’Est au sein de la société Unilor. Malgré les restructurations, les problèmes financiers s’aggravent. La filature d’Héricourt est fermée en 1964, le tissage de Chevret en 1965.

Héricourt aura vu ainsi disparaître la plus ancienne de ses entreprises. Elle avait la particularité d’être restée constamment dirigée par un même groupe familial, constitué des alliances entre les Méquillet, les Noblot puis les Bretegnier.

 

La maison Schwob

Le point de départ de l’affaire est le rachat en 1859 de l’établissement du Moulin par des négociants de tissus, les Schwob de Lure et de Belfort. Après le retrait des Schwob de Lure, sous l’impulsion des frères Emile et Edouard Schwob, puis d’Edouard resté seul, de nouveaux ateliers voient le jour et le nombre de métiers et de broches ne cesse de croître. En 1900, on en dénombre respectivement 1 000 et 25 000 pour un effectif de 1 000 ouvriers. Entre 1900 et 1914, Edouard Schwob, ses fils et ses neveux, donnent à l’affaire une nouvelle extension.

Après la Grande guerre, la famille Schwob, qui élit domicile à Paris, met en place un directeur-gérant pour administrer les usines. Les ateliers travaillent à plein, confectionnant une grande variété de tissus de couleur. Entre 1920 et 1930, les effectifs passent de 1100 à 1 400, chiffre qui se maintient jusqu’à la veille de la guerre. A ce moment, 1 600 métiers et 50 000 broches sont en service dans les ateliers d’Héricourt. Pendant l’occupation, les usines - elles tournent au ralenti - sont contraintes d’exécuter des commandes pour les Allemands.

 A la Libération, la famille Schwob vend les usines à Marcel Boussac qui les recède à Gillet-Thaon en 1947. Les ateliers tournent à plein. L’effectif est à son plus haut niveau en 1952 avec 1500 salariés.

 Avec la crise qui affecte le textile dans les années 1950, commence une politique d’augmentation de productivité et de réduction des effectifs. Ceux-ci tombent à 1000 en 1960 puis remontent jusqu’en 1968. Cette année-là, les usines de la « Cotonnière d’Héricourt » sont intégrées au groupe Texunion, lequel en 1969 passe sous le contrôle de DMC. Malgré de gros efforts d’adaptation, la situation reste préoccupante. Après un regroupement sous DMC-Geliot en 1988, on restructure une nouvelle fois l’appareil productif, mais la baisse d’activité se solde par la fermeture des deux unités héricourtoises : la filature du Moulin en 1989 et le tissage du Pâquis en 1991.

Texte rédigé par Claude Gilliotte 

Pour compléter vos connaissances sur ce sujet vous pouvez vous reporter aux livres « Héricourt - L'aventure textile » de Claude Gilliotte - 2 tomes (Tome 2 à paraître - Date prévue Printemps 2012).

 

 

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